Louis Segond (1910)
Job 29
1Job prit de nouveau la parole sous forme sentencieuse et dit : Share to feedTweet 2Oh ! que ne puis-je être comme aux mois du passé, Comme aux jours où Dieu me gardait, Share to feedTweet 3Quand sa lampe brillait sur ma tête, Et que sa lumière me guidait dans les ténèbres ! Share to feedTweet 4Que ne suis-je comme aux jours de ma vigueur, Où Dieu veillait en ami sur ma tente, Share to feedTweet 5Quand le Tout-Puissant était encore avec moi, Et que mes enfants m’entouraient ; Share to feedTweet 6Quand mes pieds se baignaient dans la crème Et que le rocher répandait près de moi des ruisseaux d’huile ! Share to feedTweet 7Si je sortais pour aller à la porte de la ville, Et si je me faisais préparer un siège dans la place, Share to feedTweet 8Les jeunes gens se retiraient à mon approche, Les vieillards se levaient et se tenaient debout. Share to feedTweet 9Les princes arrêtaient leurs discours, Et mettaient la main sur leur bouche ; Share to feedTweet 10La voix des chefs se taisait, Et leur langue s’attachait à leur palais. Share to feedTweet 11L’oreille qui m’entendait me disait heureux, L’œil qui me voyait me rendait témoignage ; Share to feedTweet 12Car je sauvais le pauvre qui implorait du secours, Et l’orphelin qui manquait d’appui. Share to feedTweet 13La bénédiction du malheureux venait sur moi ; Je remplissais de joie le cœur de la veuve. Share to feedTweet 14Je me revêtais de la justice et je lui servais de vêtement, J’avais ma droiture pour manteau et pour turban. Share to feedTweet 15J’étais l’œil de l’aveugle Et le pied du boiteux. Share to feedTweet 16J’étais le père des misérables, J’examinais la cause de l’inconnu ; Share to feedTweet 17Je brisais la mâchoire de l’injuste, Et j’arrachais de ses dents la proie. Share to feedTweet 18Alors je disais : Je mourrai dans mon nid, Mes jours seront abondants comme le sable ; Share to feedTweet 19L’eau pénétrera dans mes racines, La rosée passera la nuit sur mes branches ; Share to feedTweet 20Ma gloire reverdira sans cesse, Et mon arc rajeunira dans ma main. Share to feedTweet 21On m’écoutait et l’on restait dans l’attente, On gardait le silence devant mes conseils. Share to feedTweet 22Après mes discours, nul ne répliquait, Et ma parole était pour tous une bienfaisante rosée ; Share to feedTweet 23Ils comptaient sur moi comme sur la pluie, Ils ouvraient la bouche comme pour une pluie du printemps. Share to feedTweet 24Je leur souriais quand ils perdaient courage, Et l’on ne pouvait chasser la sérénité de mon front. Share to feedTweet 25J’aimais à aller vers eux, et je m’asseyais à leur tête ; J’étais comme un roi au milieu d’une troupe, Comme un consolateur auprès des affligés. Share to feedTweet