Louis Segond (1910)
Job 9
1Job prit la parole et dit : Share to feedTweet 2Je sais bien qu’il en est ainsi ; Comment l’homme serait-il juste devant Dieu ? Share to feedTweet 3S’il voulait contester avec lui, Sur mille choses il ne pourrait répondre à une seule. Share to feedTweet 4À lui la sagesse et la toute-puissance : Qui lui résisterait impunément ? Share to feedTweet 5Il transporte soudain les montagnes, Il les renverse dans sa colère. Share to feedTweet 6Il secoue la terre sur sa base, Et ses colonnes sont ébranlées. Share to feedTweet 7Il commande au soleil, et le soleil ne paraît pas ; Il met un sceau sur les étoiles. Share to feedTweet 8Seul, il étend les cieux, Il marche sur les hauteurs de la mer. Share to feedTweet 9Il a créé la Grande Ourse, l’Orion et les Pléiades, Et les étoiles des régions australes. Share to feedTweet 10Il fait des choses grandes et insondables , Des merveilles sans nombre . Share to feedTweet 11Voici, il passe près de moi, et je ne le vois pas, Il s’en va, et je ne l’aperçois pas. Share to feedTweet 12S’il enlève, qui s’y opposera ? Qui lui dira : Que fais-tu ? Share to feedTweet 13Dieu ne retire point sa colère ; Sous lui s’inclinent les appuis de l’orgueil. Share to feedTweet 14Et moi, comment lui répondre ? Quelles paroles choisir ? Share to feedTweet 15Quand je serais juste, je ne répondrais pas ; Je ne puis qu’implorer mon juge. Share to feedTweet 16Et quand il m’exaucerait, si je l’invoque, Je ne croirais pas qu’il eût écouté ma voix, Share to feedTweet 17Lui qui m’assaille comme par une tempête, Qui multiplie sans raison mes blessures, Share to feedTweet 18Qui ne me laisse pas respirer, Qui me rassasie d’amertume. Share to feedTweet 19Recourir à la force ? Il est tout-puissant. À la justice ? Qui me fera comparaître ? Share to feedTweet 20Suis-je juste, ma bouche me condamnera ; Suis-je innocent, il me déclarera coupable. Share to feedTweet 21Innocent ! Je le suis ; mais je ne tiens pas à la vie, Je méprise mon existence. Share to feedTweet 22Qu’importe après tout ? Car, j’ose le dire, Il détruit l’innocent comme le coupable. Share to feedTweet 23Si du moins le fléau donnait soudain la mort !… Mais il se rit des épreuves de l’innocent. Share to feedTweet 24La terre est livrée aux mains de l’impie ; Il voile la face des juges. Si ce n’est pas lui, qui est-ce donc ? Share to feedTweet 25Mes jours sont plus rapides qu’un courrier ; Ils fuient sans avoir vu le bonheur ; Share to feedTweet 26Ils passent comme les navires de jonc, Comme l’aigle qui fond sur sa proie. Share to feedTweet 27Si je dis : Je veux oublier mes souffrances, Laisser ma tristesse, reprendre courage, Share to feedTweet 28Je suis effrayé de toutes mes douleurs. Je sais que tu ne me tiendras pas pour innocent. Share to feedTweet 29Je serai jugé coupable ; Pourquoi me fatiguer en vain ? Share to feedTweet 30Quand je me laverais dans la neige, Quand je purifierais mes mains avec du savon, Share to feedTweet 31Tu me plongerais dans la fange, Et mes vêtements m’auraient en horreur. Share to feedTweet 32Il n’est pas un homme comme moi, pour que je lui réponde, Pour que nous allions ensemble en justice. Share to feedTweet 33Il n’y a pas entre nous d’arbitre, Qui pose sa main sur nous deux. Share to feedTweet 34Qu’il retire sa verge de dessus moi, Que ses terreurs ne me troublent plus ; Share to feedTweet 35Alors je parlerai et je ne le craindrai pas. Autrement, je ne suis point à moi-même. Share to feedTweet