Louis Segond (1910)
Job 3
1Après cela, Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance. Share to feedTweet 2Il prit la parole et dit : Share to feedTweet 3Périsse le jour où je suis né, Et la nuit qui dit : Un enfant mâle est conçu ! Share to feedTweet 4Ce jour ! qu’il se change en ténèbres, Que Dieu n’en ait point souci dans le ciel, Et que la lumière ne rayonne plus sur lui ! Share to feedTweet 5Que l’obscurité et l’ombre de la mort s’en emparent, Que des nuées établissent leur demeure au-dessus de lui, Et que de noirs phénomènes l’épouvantent ! Share to feedTweet 6Cette nuit ! que les ténèbres en fassent leur proie, Qu’elle disparaisse de l’année, Qu’elle ne soit plus comptée parmi les mois ! Share to feedTweet 7Que cette nuit devienne stérile, Que l’allégresse en soit bannie ! Share to feedTweet 8Qu’elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le léviathan ! Share to feedTweet 9Que les étoiles de son crépuscule s’obscurcissent, Qu’elle attende en vain la lumière, Et qu’elle ne voie point les paupières de l’aurore ! Share to feedTweet 10Car elle n’a pas fermé le sein qui me conçut, Ni dérobé la souffrance à mes regards. Share to feedTweet 11Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mère ? Pourquoi n’ai-je pas expiré au sortir de ses entrailles ? Share to feedTweet 12Pourquoi ai-je trouvé des genoux pour me recevoir, Et des mamelles pour m’allaiter ? Share to feedTweet 13Je serais couché maintenant, je serais tranquille, Je dormirais, je reposerais, Share to feedTweet 14Avec les rois et les grands de la terre, Qui se bâtirent des mausolées, Share to feedTweet 15Avec les princes qui avaient de l’or, Et qui remplirent d’argent leurs demeures. Share to feedTweet 16Ou je n’existerais pas, je serais comme un avorton caché, Comme des enfants qui n’ont pas vu la lumière. Share to feedTweet 17Là ne s’agitent plus les méchants, Et là se reposent ceux qui sont fatigués et sans force ; Share to feedTweet 18Les captifs sont tous en paix, Ils n’entendent pas la voix de l’oppresseur ; Share to feedTweet 19Le petit et le grand sont là, Et l’esclave n’est plus soumis à son maître. Share to feedTweet 20Pourquoi donne-t-il la lumière à celui qui souffre, Et la vie à ceux qui ont l’amertume dans l’âme, Share to feedTweet 21Qui espèrent en vain la mort, Et qui la convoitent plus qu’un trésor, Share to feedTweet 22Qui seraient transportés de joie Et saisis d’allégresse, s’ils trouvaient le tombeau ? Share to feedTweet 23À l’homme qui ne sait où aller, Et que Dieu cerne de toutes parts ? Share to feedTweet 24Mes soupirs sont ma nourriture, Et mes cris se répandent comme l’eau. Share to feedTweet 25Ce que je crains, c’est ce qui m’arrive ; Ce que je redoute, c’est ce qui m’atteint. Share to feedTweet 26Je n’ai ni tranquillité, ni paix, ni repos, Et le trouble s’est emparé de moi. Share to feedTweet