Louis Segond (1910)
Job 21
1Job prit la parole et dit : Share to feedTweet 2Écoutez, écoutez mes paroles, Donnez-moi seulement cette consolation. Share to feedTweet 3Laissez-moi parler, je vous prie ; Et, quand j’aurai parlé, tu pourras te moquer. Share to feedTweet 4Est-ce contre un homme que se dirige ma plainte ? Et pourquoi mon âme ne serait-elle pas impatiente ? Share to feedTweet 5Regardez-moi, soyez étonnés, Et mettez la main sur la bouche. Share to feedTweet 6Quand j’y pense, cela m’épouvante, Et un tremblement saisit mon corps. Share to feedTweet 7Pourquoi les méchants vivent-ils ? Pourquoi les voit-on vieillir et accroître leur force ? Share to feedTweet 8Leur postérité s’affermit avec eux et en leur présence, Leurs rejetons prospèrent sous leurs yeux. Share to feedTweet 9Dans leurs maisons règne la paix, sans mélange de crainte ; La verge de Dieu ne vient pas les frapper. Share to feedTweet 10Leurs taureaux sont vigoureux et féconds, Leurs génisses conçoivent et n’avortent point. Share to feedTweet 11Ils laissent courir leurs enfants comme des brebis, Et les enfants prennent leurs ébats. Share to feedTweet 12Ils chantent au son du tambourin et de la harpe, Ils se réjouissent au son du chalumeau. Share to feedTweet 13Ils passent leurs jours dans le bonheur, Et ils descendent en un instant au séjour des morts. Share to feedTweet 14Ils disaient pourtant à Dieu : Retire-toi de nous ; Nous ne voulons pas connaître tes voies. Share to feedTweet 15Qu’est-ce que le Tout-Puissant, pour que nous le servions ? Que gagnerons-nous à lui adresser nos prières ? Share to feedTweet 16Quoi donc ! ne sont-ils pas en possession du bonheur ? -Loin de moi le conseil des méchants ! Share to feedTweet 17Mais arrive-t-il souvent que leur lampe s’éteigne, Que la misère fonde sur eux, Que Dieu leur distribue leur part dans sa colère, Share to feedTweet 18Qu’ils soient comme la paille emportée par le vent, Comme la balle enlevée par le tourbillon ? Share to feedTweet 19Est-ce pour les fils que Dieu réserve le châtiment du père ? Mais c’est lui que Dieu devrait punir, pour qu’il le sente ; Share to feedTweet 20C’est lui qui devrait contempler sa propre ruine, C’est lui qui devrait boire la colère du Tout-Puissant. Share to feedTweet 21Car, que lui importe sa maison après lui, Quand le nombre de ses mois est achevé ? Share to feedTweet 22Est-ce à Dieu qu’on donnera de la science, À lui qui gouverne les esprits célestes ? Share to feedTweet 23L’un meurt au sein du bien-être, De la paix et du bonheur, Share to feedTweet 24Les flancs chargés de graisse Et la moelle des os remplie de sève ; Share to feedTweet 25L’autre meurt, l’amertume dans l’âme, Sans avoir joui d’aucun bien. Share to feedTweet 26Et tous deux se couchent dans la poussière, Tous deux deviennent la pâture des vers. Share to feedTweet 27Je sais bien quelles sont vos pensées, Quels jugements iniques vous portez sur moi. Share to feedTweet 28Vous dites : Où est la maison de l’homme puissant ? Où est la tente qu’habitaient les impies ? Share to feedTweet 29Mais quoi ! n’avez-vous point interrogé les voyageurs, Et voulez-vous méconnaître ce qu’ils prouvent ? Share to feedTweet 30Au jour du malheur, le méchant est épargné ; Au jour de la colère, il échappe. Share to feedTweet 31Qui lui reproche en face sa conduite ? Qui lui rend ce qu’il a fait ? Share to feedTweet 32Il est porté dans un sépulcre, Et il veille encore sur sa tombe. Share to feedTweet 33Les mottes de la vallée lui sont légères ; Et tous après lui suivront la même voie, Comme une multitude l’a déjà suivie. Share to feedTweet 34Pourquoi donc m’offrir de vaines consolations ? Ce qui reste de vos réponses n’est que perfidie. Share to feedTweet